CONCEVOIR AUTREMENT

L’ÉCO-CONCEPTION

Comment réduire notre impact environnemental en privilégiant l’éco-conception ? Comment favoriser le réemploi des matériaux pour réutiliser au maximum les ressources ? L’éco-conception s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire. Cette démarche consiste à réduire l’impact environnemental d’un produit tout au long du cycle de vie.

« La frugalité en matière interroge le besoin de s’en servir : agir sur le déjà-là, l’existant, « faut-il encore construire ? », ne plus démolir, d’abord réhabiliter, par le recours privilégié aux matériaux biosourcés, géosourcés ou de réemploi, issus de la déconstruction, ou mutualiser, partager, accepter des usages transitoires. »

Extrait de l’article « La frugalité n’est pas la sobriété », de Philippe Madec, publié sur la revue Topophile en 2022.

LA DÉMONTABILITÉ

La démontabilité permet d’assurer plus facilement la maintenance des bâtiments (accessibilité aux réseaux de distribution en cas de fuite, remplacement d’éléments défectueux ou abîmés etc). La pérennité d’un matériau dépend aussi de son entretien. Il est donc important de garantir l’accès à tous les matériaux. Afin de prolonger leur vie, il est important d’anticiper la dépose soignée des éléments. Lorsqu’un matériau est facilement démontable cela permettra de conserver son intégrité, de réduire le temps et le coût de sa dépose.

LES ASSEMBLAGES

Les techniques d’assemblage à sec permettent d’anticiper la démontabilité pour un futur réemploi. Les assemblages ou les types de poses suivants sont donc à privilégier : emboîter, boulonner, visser, clipser, pose libre (par exemple, une dalle de moquette non collée aura un fort potentiel de réemploi).
Au contraire, les assemblages dits humides rendront difficile le réemploi des éléments : le ciment, la colle, la soudure, encastrement coulé en place. Le potentiel de réemploi d’une ressource dépend ainsi de la réversibilité de ses assemblages. Des tests de déposes soignées permettent de vérifier la faisabilité si l’assemblage n’est pas visible ou recouvert par des finitions fixes.

« RENOUER AVEC LA TRADITION – Ne pas recourir aux matériaux standards actuels offre également l’occasion de renouer avec des savoir-faire traditionnels pour l’assemblage de matériaux comme la pierre ou le bois. L’architecte Wang Shu utilise ainsi la technique chinoise du wa pan pour assembler les briques et les tuiles composant les façades du musée d’Histoire de Ningbo. »

Extrait du livre Matière grise – Matériaux, réemploi, architecture. Editions Pavillon de l’Arsenal, rédigé par Choppin, J. Delon, N. sous la direction de Encore Heureux, p.259. (2014).


LE LOW TECH

Le courant de pensée low-tech questionne le choix systématique d’une haute technologie pour répondre à un besoin. Il cherche un optimum économique, environnemental et social, tout en amenant une réflexion sur la sobriété.

Éco-conçue, résiliente, robuste, réparable, recyclable, agile, fonctionnelle : la low-tech invite à réfléchir et optimiser les impacts tant écologiques que sociaux ou sociétaux liés au recours à la technique et ce, à toutes les étapes de son cycle de vie (de la conception, production, usage, fin de vie).

Les low-tech sont également présentes dans l’architecture par l’intermédiaire des matériaux biosourcés, géosourcés et parfois même recyclés. Au quotidien, ce sont aussi de nombreux appareils et dispositifs qui peuvent être approchés sous un angle low-tech comme par exemple :
– L’aménagement d’une serre en réemploi
– Le four solaire et la marmite norvégienne pour préparer des plats en cuisson douce

« Une low-tech contribue à rendre possible des modes de vie, de production et de consommation sains et pertinents pour tous dans des domaines aussi variés que l’énergie, l’alimentation, l’eau, la gestion des déchets, les matériaux, l’habitat, les transports, l’hygiène ou encore la santé. »

Low-tech Lab. C’est quoi une low-tech ? Qu’est-ce que la low-tech. (en ligne, 2025, 31 juillet).

LA SERRE (EN RÉEMPLOI)

L’aménagement de la serre permet de cultiver grâce à l’inertie de la terre et aux calories solaires. La serre peut se décliner sous plusieurs formes et échelles d’usages : semi-enterrée pour bénéficier d’une bonne isolation thermique avec l’air extérieur, intégrée aux toits de bâtiments pour développer l’agriculture urbaine, ou encore sous forme collective ou commerciale pour une production plus importante. Afin de réduire l’impact en termes d’énergie grise, il est possible de réemployer des serres existantes mais également de les concevoir à partir de matériaux de réemploi. La structure de la serre peut être fabriquée à partir de métal ou de bois de réemploi. Les façades ou facettes peuvent se décliner en verre ou en polycarbonate. Fabriquer une serre à partir de fenêtres et baies vitrées existantes devient alors possible en détournant les matériaux de leur premier usage.

Serre en polycarbonate, réalisation adhérent, 2019. ©Arthur Marie Anonarc

Étude réemploi pour une serre, Rennes, Dame de Baud, 2022. © Batirecup

LA MARMITE NORVÉGIENNE

La marmite norvégienne est une technique de cuisson permettant de réduire la consommation d’énergie. Le principe est d’isoler son plat pour qu’il conserve sa chaleur sans avoir besoin d’une source d’énergie continue. Il s’agit de porter à ébullition les aliments dans un récipient puis de les placer à l’intérieur d’un caisson, une boîte en bois ou en métal isolée à l’intérieur pour poursuivre sa cuisson. La marmite norvégienne permet ainsi de continuer à cuire le plat sans feu. Facile et économe à fabriquer, cette technique low-tech peut-être réalisée à partir de matériaux de réemploi. Elle peut se composer de planches de bois, d’isolants, d’un réflecteur de chaleur (optionnel) et de vis. La réalisation sur-mesure de la boite, vous permettra de l’adapter aux dimensions de votre faitout ou cocotte (largeur et hauteur).

Atelier participatif marmite norvégienne chez Minéka, 2024. ©minéka

FOUR & PARABOLE SOLAIRES

Le four solaire permet des cuissons lentes (entre 1 et 4 heures selon les plats) à basses températures. Tandis que la parabole solaire permet des cuissons plus rapides (entre 30 min et 1h30 selon les plats) à des températures bien plus élevées (100-220°C). Ces dispositifs permettent de capter et concentrer les rayons du soleil vers un même point à l’aide de matériaux réfléchissants (réflecteur aluminium, miroir etc). Le foyer est positionné au centre et permet ainsi de cuire une multitude d’aliments. Ces objets du quotidien représentent ainsi une solution de cuisson économique, en effet la cuisine solaire est gratuite à l’utilisation (sans combustible).

Principe du four et de la parabole solaires. ©Atelier du Zéphyr
Atelier du Zéphyr. C
uiseur et four solaires. Cuiseur et four solaires. (en ligne, 2025, 31 juillet)

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